Carole
Melchior

Texts

Apprendre à dormir la nuit est le premier livre publié de l’artiste Carole Melchior.

D’une composition très soignée, cet ouvrage est une cosa mentale, une plongée dans les arcanes de la mémoire et des émotions premières.

Construit selon la logique intime de la poétique des fragments reliés, de nature mystérieuse pour qui les reçoit la première fois, Apprendre à dormir la nuit questionne le temps, sa perception, et ce qu’il reste de ce que l’on a vécu, de nos expériences.

Flux de conscience, le travail de Carole Melchior est sensible aux lumières persistant dans la nuit, et à la présence d’un inactuel très contemporain au cœur de l’existence, comme une réserve d’être brut quand tout fuit ou menace...

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Fabien Ribery, avril 2018

Les images proposées par Carole Melchior sont issues d’une série photographique intitulée Apprendre à dormir la nuit – Chapitre premier : Les fondations du rêve. L’artiste ne pouvait être plus précise sur un sujet aussi flou : ce sont bien les fondations, et donc les constellations, les condensations et les ondulations du rêve projeté à l’arrière de nos crânes, sur la paroi humide et sombre de notre cerveau, que ces images hypnotiques de baigneuses aux contours difformes, blanchâtres et dilués dans la nuit nous invitent à explorer. Car il est des images qui ne sont pas faites pour la lumière : le rêve le sait et chaque nuit le prouve, ajouterait Pascal Quignard, pour qui l’homme est un « regard désirant qui cherche une autre image derrière tout ce qu’il voit ». Il est ici question du temps – de son mouvement, de ses vagues, de son ressac, de son bruit mat et de ses plis au plus intime de nous-même. Les images que nous voyons, sans aucun doute, viennent d’ailleurs – ailleurs dans le temps comme dans l’espace. Affleurant à la surface du papier, ces images fabriquées par Carole Melchior atteignent ainsi leur but : elles s’immergent en nous comme le font nos images mentales. Et ce faisant, elles nous invitent à un travail d’interprétation, de déchiffrement d’une matière vive : les souvenirs, les désirs, les regrets, les pensées, les émois qui s’agrègent et se sédimentent pour former ces images latentes qui naissent durant notre sommeil – ce temps suspendu où notre conscience, en se relâchant, en se liquéfiant, se refluidifie. Apprendre à dormir la nuit nous parle ainsi de la métamorphose constante des images en nous, de la fabrique souterraine de nos souvenirs, du réel indicible auquel on se frotte et de l’inscription du fatras que constitue le vécu de tout un chacun dans la durée psychique, ce courant souterrain de l’existence.

François de Coninck, mai 2016

Serendipität: Neue fotografische Positionen von

Laurianne Bixhain und Carole Melchior

Obwohl die fotografischen Arbeiten von Laurianne Bixhain und Carole Melchior separat entstehen, haben sie eine ähnliche Bild-Sensibilität und- Materialität die zu einem kohärenten Ganzen in der Ausstellung führen.  Beide rufen durch ihren kreativen Umgang und ihre Serendipität mit der Fotografie neue Analogien und Verknüpfungen hervor. Während Laurianne Bixhain sich mit der Rezeption der digitalen Bildern, in einer globalisierten und mobilen Welt auseinandersetzt, bricht Carole Melchior unsere Sehgewohnheiten durch laterales Denken das ihre sichtbar gewordenen „unsichtbaren“ Dinge in ihren Fotos auslösen. In den Ausstellungen von Laurianne Bixhain und Carole Melchior (manchmal sind sie Kuratorinnen und Künstlerinnen zugleich)  erscheinen sowohl innerhalb der persönlichen Serien wie auch in der Konfrontation der ausgewählten Arbeiten der beiden Künstlerinnen immer wieder neue Bildkonstellationen beim Zuschauer. Die Sensibilität der beiden Künstlerinnen zeigt dass für sie die Fotografie nicht nur abbildet sondern durch das Experimentieren immer wieder zu neuen Konstruktionen von Wirklichkeit führt.

Paul di Felice

Des parcelles de temps et des captations d’écrans constellent les pans de mur. Des surfaces tramées émettent un bruit blanc, ça vibre et ondule comme pleins de vaguelettes, de petits plis. Les images que nous voyons viennent d’ailleurs. Leur territoire est inconnu. Elles nous invitent à basculer dans l’imaginaire, à explorer les fondations du rêve, comme attirés par le mouvement de flottement des baigneuses qui semblent être peintes, diluées à l’eau.

« Apprendre à dormir la nuit » nous parle de la métamorphose des images, de la fabrique des souvenirs, de la création d’une durée psychique et tente d’interroger ce qui produit du réel.

 

Laurianne Bixhain